L’Association de la presse internationale (API-IPA) a exprimé sa vive inquiétude après l’enregistrement illégal d’un journaliste de Politico, également membre accrédité auprès de l’UE et de l’API, lors d’un échange avec un responsable européen. Selon elle, cet incident soulève de graves interrogations quant à la liberté de la presse et à la protection du travail journalistique en Belgique et à l’échelle européenne.
L’association souligne que l’enregistrement non autorisé par des tiers, extérieurs à la conversation téléphonique, pourrait constituer une violation du droit belge, en particulier de l’article 314bis du Code pénal. Une telle pratique fragilise les garanties juridiques destinées à protéger les journalistes et leurs sources.
« Le piratage et la divulgation de documents journalistiques portent atteinte au cœur même de la liberté de la presse et aux protections sur lesquelles nous devons pouvoir compter dans l’exercice de notre métier », a déclaré Dafydd ab Iago, président de l’API-IPA. « Cet incident envoie un signal inquiétant non seulement aux journalistes travaillant à Bruxelles, mais aussi à nos sources, qui reposent sur la confidentialité et la confiance. »
Dafydd ab Iago a ajouté que la poursuite des responsables pourrait s’avérer complexe en cas d’implication d’acteurs étatiques. « La question la plus difficile reste celle des moyens de poursuivre les auteurs, qu’ils opèrent au sein de l’Union européenne ou depuis des pays tiers comme la Russie », a-t-il indiqué.
L’association appelle enfin à un renforcement des garanties existantes ainsi qu’à des orientations plus claires pour les journalistes souhaitant améliorer la sécurité de leurs communications et de leurs appareils.

