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Le corps de presse bruxellois se concentre progressivement, alors que les journalistes doivent s’adapter aux mutations technologiques, à l’évolution des réseaux sociaux et à l’essor de l’intelligence artificielle, selon une nouvelle étude présentée par le service des relations avec les médias du Conseil de l’Union européenne.

Romain Sadet, chef du service des relations avec les médias du Conseil, et Stergios Fotopoulos, administrateur chargé de la presse et de la communication ayant participé à l’étude, en ont présenté les principaux enseignements lors d’une API Hour. Cette recherche actualise une première enquête publiée en 2021 et analyse l’évolution du corps de presse bruxellois ainsi que des pratiques professionnelles des journalistes.

« Le nombre de journalistes accrédités est resté stable, tandis que celui des organisations de presse enregistrées à Bruxelles a diminué au cours des cinq dernières années », a expliqué M. Sadet. Selon lui, cette évolution pourrait traduire une concentration accrue autour des grands groupes de presse, au détriment des petits médias et des structures individuelles.

Il a toutefois rappelé que le nombre total de journalistes accrédités auprès des institutions européennes est en recul depuis le pic atteint en 2014.

Autre évolution marquante : la baisse du nombre de journalistes indépendants. En 2020, environ un quart des journalistes enregistrés exerçaient en tant que freelances, contre près de 12 % dans les données les plus récentes. Une tendance qui va à rebours de l’évolution observée dans la profession à l’échelle mondiale. M. Sadet a souligné que cette baisse des freelances « va à l’encontre de toutes les études menées dans le monde sur le journalisme ».

L’étude, commandée par le secrétariat général du Conseil en collaboration avec Sophie Lecheler, professeure à l’Université de Vienne, met également en lumière une évolution des méthodes de collecte de l’information. Les briefings officieux (« off the record ») demeurent une source particulièrement prisée, tandis que les porte-parole de la présidence tournante du Conseil ont vu leur importance croître sensiblement. L’usage de WhatsApp, Signal, Telegram et d’autres messageries instantanées s’est également renforcé.

L’impact des évolutions technologiques apparaît en revanche plus contrasté. Les journalistes interrogés estiment que les réseaux sociaux occupent désormais une place moins centrale dans leur travail et exercent une influence moins positive qu’auparavant, notamment avec le recul de l’utilisation de X. Ils se montrent également sceptiques quant à la capacité de l’intelligence artificielle à améliorer la qualité de l’information et s’inquiètent de son potentiel à accélérer la diffusion de la désinformation, alors même que nombre d’entre eux y ont déjà recours dans leur activité quotidienne.

Dans son ensemble, l’étude montre que le corps de presse bruxellois est demeuré relativement stable en termes d’effectifs, tout en connaissant des transformations profondes de sa structure, de ses sources d’information et de ses pratiques professionnelles au quotidien.

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